Pourquoi ne pas planifier un camp d’entraînement en Suisse romande ?

Si on ne peut pas partir au sud pour se préparer au printemps, ce n’est pas grave: on a tout ce qu’il nous faut près de chez nous. L’équipe de Sport Quest nous raconte son camp d’entraînement dans la region de Neuchâtel.

Peu d’entre nous auraient pu prédire il y a quelques mois que notre printemps serait marqué par la pandémie de coronavirus. Néanmoins, comme toute période de changement ou de déséquilibre, ces derniers temps auront permis à chacun de grandir, de développer des qualités telles que la créativité et la flexibilité, et de s’adapter pour continuer à fonctionner, afin de retrouver un équilibre. On en revient finalement à l’essentiel et à la proximité. 

C’est dans cette optique-là que les entraîneurs de Sport Quest et leur équipe de cyclistes ont décidé de mettre le cap sur le canton de Neuchâtel pour leur annuel stage d’entrainement. Le Jura neuchâtelois regorge d’itinéraires adaptés aux cyclistes trop souvent méconnus et propose un terrain de jeu varié, entre plaine et montagne.  

Mettez votre casque, prenez votre vélo, attachez vos chaussures et nous vous emmenons 4 jours dans le jura neuchâtelois aux côtés du Sport Quest Cycling Club !

Jour 1 – L’échauffement

Départ en train depuis Genève pour les Geneveys-sur-Coffrane, durée de trajet totale d’1h30, qui rappelle que le canton de Neuchâtel n’est en fait pas si éloigné. Court transfert à vélo jusqu’au camp de base, à l’Hôtel de l’Aubier Montezillon, et c’est parti pour une première sortie, le « Tour du Val-de-Ruz » en version améliorée. Cette première sortie est relativement courte mais déjà bien vallonnée (49km et 950m de d+) et est une bonne mise en jambes pour nos cyclistes, qui prennent de la hauteur dès le départ du tour, avec l’entame du col de la Vue des Alpes jusqu’aux Hauts-Geneveys, suivie de la montée aux Vieux Prés, un passage par le Pâquier, fief de Didier Cuche, et retour au pied de la forêt de Chaumont.

Jour 2 – Le Tour (avec quelque modif) du Lac

Un grand classique est au programme : le Tour du Lac de Neuchâtel mais revisité. Les cyclistes profitent d’une mise en route en douceur avec une descente pour rejoindre les ruelles en pavés de Boudry, avant d’attaquer la montée sur Provence et poursuivre leur route au large d’Yverdon. Passage obligatoire par les villages d’Estavayer-le-Lac et d’Avenches, avant un arrêt à la boulangerie de Salavaux. Le retour vers Neuchâtel s’effectue par les chemins maraîchers au pied du Mont-Vully. Aucune voiture, quelques ponts pour traverser la Broye puis la Thielle, et le Mont Chasseral en arrière-plan, qui annonce la couleur de la sortie du lendemain. Le tour se termine par une inévitable remontée à Montezillon, en prenant soin d’éviter la ville de Neuchâtel en passant par de la Coudre et le rocher de l’Hermitage, avant de poursuivre sur Pierre-à-Bot et Valangin, et un retour par les chemins maraîchers entre Boudevillier et Coffrane. Les jambes commencent à souffrir avec la montée finale, après plus de 130km relativement plats. Profil de la sortie : 148km et 1600m de d+

Jour 3 – The Queen Stage

L’étape reine du stage avec les Hautes Vallées et le Mont Chasseral au menu. Départ sous la pluie pour nos cyclistes, qui rejoignent le bord du lac de Neuchâtel avant d’entamer la longue montée de la route des Montagnes pour rallier de Val-de-Travers. Une solide mise en jambes de +1000m avant de basculer sur Couvet avec une descente sinueuse. Puis nos cyclistes poursuivent avec le col du Grand Frédéric et rejoignent la Vallée de la Brévine. La « sibérie de la Suisse » et son légendaire micro-climat offrent finalement la première route sèche de la journée pour nos cyclistes ! S’ensuivent alors plusieurs kilomètres roulant avec les traversées du Locle, de la Chaux-de-Fonds et de St-Imier, avant l’attaque du dossier du jour : le Mont Chasseral. 12km de montée à 7% de moyenne, des paysages sauvages, de la brume et une tranquillité absolue. Après un ravitaillement bien mérité au sommet, les cyclistes reprennent la route avec une dernière difficulté, celle de la montée à Chaumont par Enges. La bosse est relativement courte mais la pente est raide, et l’effort demandé aux cyclistes après plus de 120km de vélo est exigeant. Le sentiment d’accomplissement après cette étape reine, après le retour à Montezillon, n’en est que plus grand. Au final, le compteur de nos cyclistes indique 155km et 3300m de d+.

Jour 4 – Le chemin du retour

Les one way ont toujours la cote chez les cyclistes et ceux de Sport Quest ne dérogent pas de la règle. Dernier jour avec le retour Montezillon-Genève au programme. Les sacs sont chargés dans la voiture suiveuse et le cap est mis sur le Val-de-Travers, où une vue imprenable sur le Creux-du-Van accueille nos cyclistes. Le soleil est de la partie et c’est la plus belle journée de ces quatre jours. Premier passage au Col des Etroits, avant de poursuivre sur Vuiteboeuf et rejoindre Vallorbe à flan de montagne. A nouveau, aucune voiture, une petite route qui s’étend à travers les champs et le sentiment de liberté totale. Après la traversée de Vallorbe, les cyclistes attaquent le col du Mont d’Orzeires pour rejoindre la Vallée de Joux. Et c’est avec un léger vent de dos que nos cyclistes en profitent pour effectuer un travail de relais et foncer à vive allure jusqu’au Brassus, Bois-d’Amont et la Cure, afin de prendre la route de l’ultime col du stage : la montée à la Givrine. La récompense de ces efforts est obtenue avec une pause et un burger à St-Cergues, afin de retrouver l’énergie nécessaire au retour sur Genève.

Virginie Perizzolo

Cette fille de 30 ans et sur un vélo depuis presque autant d’années. Elle aime le cyclisme sous toutes ses formes et disciplines, qu’elle a eu la chance de le pratiquer au plus haut niveau en VTT (coupes du monde de XC, 2009-2013), sur piste (championnats d’Europe élites 2015 & 2016) et sur la route (épreuves world tour et professionnelle en 2019). Aujourd’hui, elle a mis une priorité sur son travail d’entraineur et de préparateur physique chez SportQuest, et vis l’aspect « plaisir » du vélo aux côtés de ses coéquipiers de la Velosophe Cycling Brigade. Elle est également docteur en neurosciences et exerce toujours cette activité dans la recherche en psychiatrie.