Un weekend sur les pentes du Giro
Vous avez déjà vécu de ces week-ends où le retour à la réalité le dimanche soir est aussi brutal qu’un seau d’eau glacée qui vous tomberait sur la tête à six heures du matin ? C’est ce qui m’est arrivé cette semaine après trois fabuleuses journées passées sur les cols mythiques des Alpes entre la Suisse et l’Italie dans le cadre d’un séjour organisé par SportQuest.
C’est jeudi à midi que l’aventure a commencé avec un voyage en train jusqu’à Davos où tous les participants se sont retrouvés à l’hôtel pour dîner. La bonne humeur et les rires se sont immédiatement imposés à table donnant ainsi un avant-goût de l’ambiance qui régnerait dans le groupe pendant ces quelques jours. Après le repas, nos deux guides, Loïc et Johann, nous ont fait un briefing de l’étape qui nous attendait le lendemain et qui nous emmènerait de Davos à Bormio en passant par le Fluela Pass, l’Ofen Pass et finalement le juge de paix de la journée : le fameux Passo Del Stelvio, culminant à 2758 mètres d’altitude, aussi connu comme le « toit du Giro ». Un bel itinéraire de 138 kilomètres avec plus de 3500 m/d+ qui allait nous en mettre plein la vue et les jambes.
Le vendredi matin, à 7 heures, nous nous retrouvons pour prendre le petit déjeuner, pendant lequel nous avons non seulement profité du beau buffet à disposition pour se remplir d’énergie en vue de la journée qu’on aurait à affronter mais également pour préparer quelques petits sandwiches qu’on aura glissé dans les poches de nos maillots et qui auront été salvateurs sur cette longue étape. On dépose nos sacs dans le minibus de Yannick, guide de montagne chez SportQuest ainsi que photographe que j’aurais envie de qualifier de professionnel à ses heures perdues, qui nous suivera sur toute la durée du stage pour un reportage photos ainsi que pour nous fournir l’assistance nécessaire sur les parcours, que ce soit quelques mots d’encouragement le long des pentes du Giro, une banane, quelques carrés de chocolat ou encore pour récupérer le coupe-vent qu’on aura enfilé pour descendre et qui sera vite devenu encombrant.
Le premier groupe qui roulera un peu plus lentement prend le départ à 8h15 et sera suivi une demi-heure plus tard par le deuxième groupe. Un autre point extraordinaire de ce stage était le fait que peu importe son niveau, chacun y trouvait son compte et se retrouvait rarement seul car si cela venait à être le cas, un des guides venait très rapidement le retrouver pour lui tenir compagnie. De plus, aucun des participants ne se prenait la tête à vouloir faire le malin, tout le monde s’entraidait, tout le monde se félicitait et l’objectif était le même pour tous : se faire plaisir et partager ces merveilleux moments avec d’autres passionnés.
Les heures de selle s’enchaînent, des paysages magnifiques défilent sous nos yeux, une petite pause café au sommet de l’Ofen Pass est plus que la bienvenue et bientôt il est l’heure de s’attaquer au Stelvio qui nous accueille avec un ciel menaçant et les premières gouttes d’une averse orageuse. La crainte de devoir grimper ses 24 kilomètres à une moyenne de 7,5 % sous la pluie ne durera pas longtemps car cette dernière cessera très rapidement. Une superbe montée régulière qui commencera à mettre mon mental au défi dans les dix derniers kilomètres, les panneaux affichant le nombre de lacets restants semblant défiler très lentement. Néanmoins j’ai ressentit une véritable joie dans le dernier kilomètre, sachant que je l’avais fais, que j’avais dompté le Stelvio.
Une longue descente nous emmènera directement à notre hôtel à Bormio, un charmant chalet dans lequel tout comme la nuit précédente, je partage une chambre avec les deux autres filles de l’aventure. Le repas du soir sera composé d’un buffet de salades, d’un premier plat de pâtes, d’un deuxième plat principal composé pour ma part d’espadon ainsi que d’un buffet de desserts. De quoi largement satisfaire des cyclistes affamés. Avant de monter dans nos chambres, nous assistons au briefing préparé par Johann et Loïc, toujours très utile afin de sereinement aborder l’étape du lendemain sur laquelle nous nous frotterons à deux autres monuments du cyclisme : Le Mortirolo et le Gavia.
Le samedi matin, après un petit-déjeuner bien garni, nous nous élançons donc sur les 115 km et 3000 m/d+ qui nous attendent. Comme prévenu, le Mortirolo ne nous fera aucun cadeau et surtout ne nous fera pas regretter une cassette à 32 dents. Malgré sa cruauté je dois avouer que c’est un col qui m’a beaucoup plu, peut-être même est-ce celui qui m’aura le plus plu d’un point de vue physique, les trois derniers kilomètres débouchant sur ces prairies magnifiques et verdoyantes étant très gratifiants
La journée s’enchaîne avec la longue descente sur Monno, où nous nous arrêterons pour une tranche de focaccia ou un sandwich au jambon. Une jonction montante qui nous a semblé interminable nous mène au pied du célèbre Gavia sur lequel nous roulons aux côtés des participants à la Haute Route qui avait également lieu ce weekend. On m’avait promis une vue magnifique et à aucun moment je n’ai été déçue. On est très vite remis à sa place par la grandeur et la beauté de ce qui nous entoure ce qui rend l’arrivée au sommet encore plus majestueuse, me remplissant à nouveau d’un sentiment de fierté et de bonheur.
Après la longue descente qui nous mènera droit à Bormio, nous profitons du snack préparé par l’hôtel pour se désaltérer avec quelques Vélosophes et échanger nos anecdotes de la journée… certains s’attendaient en effet à un replat qui ne sera finalement jamais venu. Notre dernière soirée s’enchaîne avec le repas du soir, aussi délicieux que le jour d’avant et tout aussi animé, les liens s’étant formés entre nous me faisant déjà commencer à regretter la fin du séjour qui se rapproche.
Nos guides nous avaient promis un final sauvage à souhait pour la journée du dimanche et c’est effectivement ce à quoi nous avons eu le droit en empruntant le Passo di Foscagno, le Passo di Eira, la Furcola di Livigno et le Passo di Bernina pour rentrer en terres Hélvétiques. Ce que j’aurais préféré de cette journée de 104 km et 2100 m/d+ ? Le petit express à Livigno, une ville magnifique dans laquelle nous avons croisé de très nombreuses cyclistes professionnelles féminines le long du lac, venant profiter du magnifique terrain d’entraînement à disposition. Finalement la dernière difficulté aura été les trois derniers kilomètres du Passo di Bernina, qui m’a éblouie et que j’espère pouvoir faire dans son intégralité un jour. A son sommet nous nous sommes tous rejoints pour redescendre ensemble à St-Moritz où nous avons pris le train pour rentrer à la maison.
Un retour qui aura été nostalgique à cause, ou devrais-je dire grâce, à l’équipe de SportQuest qui aura proportionné une expérience magique aux participants. Entre les hébergements, les repas, les itinéraires et l’accompagnement proposés, elle nous a permis de passer un weekend placé sous le signe du partage et de la bonne humeur duquel je retiens des moments et des souvenirs qui resteront pour toujours en moi et qui ne me donnent qu’une seule envie : de m’inscrire à tous les futurs stages qu’ils organiseront à l’avenir et je peux vous promettre qu’ils seront nombreux…mais chut on garde le suspens 😉
Les droits d’auteur des photographies appartiennent à Yannick Flügi que je félicite et remercie pour son travail.
– Kelly
Kelly Grilo – Kelly’s Breakaway
Retrouvez chaque semaine les aventures de Kelly, une jeune cycliste romande qui s’est mise au vélo il y’a 3 ans et qui a décidé de passer à la vitesse supérieure cette saison en ne faisant pas les choses à moitié. Elle nous parlera de vélo bien entendu, mais également des choses de la vie. Suivez son échappée en exclusivité sur Cycliste.ch et sur son blog Kelly’s Breakaway. -> Voir tous ses articles