Cher-es cyclistes, je suis ravie d’écrire ce petit article pour vous. Moi c’est Célia, l’heureuse gagnante du concours lancé en février par cycliste.ch pour participer à la Haute Route de Crans-Montana avec la team Passione Sportiva – Women’s Cycling (PSWC).
Avant de commencer mon récit, quelques mots sur moi : j’ai 26 ans, je suis infirmière et je pratique du vélo depuis toute petite. D’abord juste pour des déplacements, puis dès que j’ai touché le vélo de route je ne l’ai plus lâché. J’ai un niveau purement amateur mais j’ai besoin de pédaler. Mon petit bonheur, c’est d’enfourcher mon vélo et de partir vadrouiller toute la journée.
Prenons donc cette aventure étape par étape, j’espère que vous aurez autant de plaisir à lire cet article que j’ai eu à le rédiger.
Février 2023
Dans ma « to do list », je devais me mettre à jour avec les articles du site cycliste.ch. J’avais du retard et j’apprécie beaucoup la variété des thématiques qui s’y trouvent. Je tombe sur celui qui parle du concours pour participer à la Haute Route avec la team PSWC. Ni une ni deux, je rédige une petite phrase et je l’envoie. Je suis l’équipe depuis quelques temps et je suis toujours impressionnée par les valeurs qu’elles souhaitent transmettre.
24 février 2023
Je m’apprête à grimper la Corniche, il fait beau et pas si froid pour un mois de février. Je suis hyper contente de pouvoir ressortir un peu. Je consulte mon téléphone et là BIM je vois le message de Nathalie qui me dit que je suis la gagnante du concours. Alors là, figurez-vous que j’ai monté TOUTE la Corniche en hurlant de joie. J’étais si heureuse ! Je me dis aussi que je vais rencontrer l’équipe que je suis depuis quelques années et que je trouve si incroyable. Me vient alors l’idée d’aller voir le parcours qui m’attend à la Haute Route et je me dis : tiens ça m’a l’air coriace. 3 jours, 200km et surtout 7450m de dénivelé positif. La particularité de cette course est que seulement certains segments sont chronométrés. Je n’avais pas forcément mesuré l’ampleur du défi mais j’ai hâte !
En attendant le week-end de reconnaissance…
Je reçois toutes les informations de la part de Nathalie. Alors chapeau l’artiste, je pense qu’elle pourrait aisément présider un pays, tellement elle fait ça bien. Je la rencontre brièvement pour recevoir le casque et les lunettes Bollé : WAHOU je suis trop contente ! Tout du long de nos échanges elle est top, positive et me rassure sur le fait que je vais surmonter ce défi.
Alors en attendant la reconnaissance, pas le temps de niaiser, j’enfourche mon vélo dès que je peux pour me faire un peu les jambes. Les cols sont encore fermés donc j’essaie de faire quand même du dénivelé où j’en trouve, entre la météo capricieuse et les quelques congés que j’ai.
J’ai aussi un énorme plaisir à regarder les vidéos que l’équipe a fait pour la Haute Route : c’est pro, ça donne envie, ça m’épate ! Je me réjouis vraiment de les rencontrer.
Le week-end de reconnaissance
Rendez-vous au Colorado Riders à Crans-Montana, un B&B incroyable où on se sent comme à la maison. Olivier nous fait visiter les lieux et c’est juste idyllique pour y passer quelques jours. J’hérite de la chambre thème vélo et j’en suis ravie ! Le soir, je rencontre toutes les filles et leur + 1 ainsi qu’Alain. On passe une super soirée et le premier contact que j’ai avec l’équipe est facile.
Les jours suivants sont consacrés à la reconnaissance du parcours : Grimentz, Sanetsch, col de Crans-Montana. J’éprouve beaucoup de plaisir à rouler avec les filles. J’ai toujours pédalé seule à défaut de trouver le même niveau que moi ou une ambiance qui me convienne. Là c’est super, les montées passent super vite, on papote, on rigole et on muscle les mollets. Je suis impressionnée par le niveau et les vélos Officine Mattio.
On passe de chouettes moments tant sur le vélo qu’en dehors. On rigole, on fait des quizz musicaux, on réfléchit à des soirées à thème, et on prend soin des quadragénaires. Je rentre lundi soir et j’ai mal aux mandibules tellement j’ai ri et souri tout le week-end.
La fameuse Haute Route
Rendez-vous le jeudi soir pour participer au ride d’échauffement et récupérer les dossards. Je n’avais jamais participé à ce genre de course. L’infrastructure m’impressionne (quand on en est là c’est qu’on prend de l’âge, n’est-ce pas Nathalie ?)
Tout est super bien organisé, un petit village dédié à la course se trouve au centre de Crans-Montana. On peut manger, laver son vélo, le réparer, se faire masser et j’en passe. La Haute Route c’est dur mais il faut juste se laisser guider et vivre. Pratique n’est-ce pas ?
On reçoit le 1er briefing pour la course du lendemain. Au programme : barrage de Moiry et remonter à Crans Montana. C’est l’épreuve que j’appréhende le plus par sa longueur et son dénivelé.
On rentre au Colorado Riders où en est encore accueillies comme des reines. Un bon souper et au lit pour être en forme le lendemain.
1er jour de course
Le départ est imminent, on est toutes prêtes : Nathalie, Gioia, Inès, Loubna, Ramona et moi. Un mini stress monte sur la ligne de départ mais le fait d’être avec les filles me rassure. Ça discute timing, tactique, ça pose pour les photographes.
Puis go go go la course est lancée. Le parcours est exigeant mais magnifique. J’ai beaucoup de plaisir à ressentir cette ambiance. Tout est super bien organisé, tracé, les ravitaillements sont variés. Je vis cette étape à fond, motivée comme jamais. Croiser les filles sur le parcours et Alain qui prend des photos me reboost.
J’éprouve quand même pas mal de difficulté à remonter à Crans-Montana : il fait chaud, la montée est raide, je n’ai plus de jus. Je me demande comment je vais enchaîner le Sanetsch le lendemain. Je profite même de la course pour faire la connaissance de deux motards vétérans gendarmes.
2ème jour de course
Les jambes sont bien fatiguées mais c’est le Sanetsch qui nous attend. Contrairement à toutes les autres fois, la météo n’est pas avec nous. On prend le départ depuis Sierre sous la pluie. Quelques kilomètres à plat, puis on commence la partie chronométrée direction Anzère.
Tout se passe bien, je sens que j’ai de l’énergie et plein de motivation. Un petit stop au ravitaillement à Anzère, puis on attaque une descente quasi jusqu’en plaine.
La descente me glace de partout, je suis trempée, j’en viens presque à me demander ce que je fais ici. Mais là où j’aurais perdu toute motivation d’aller au bout, je pense au fait qu’il y a l’équipe, que je vais croiser les filles qui redescendront et ça me donne beaucoup de courage.
Un peu plus loin, j’apprends que le parcours est raccourci car les conditions en haut du Sanetsch sont terribles. Je gardais un peu d’énergie pour après mais là, je me dis qu’il est l’heure de tout donner. On remonte gentiment, je trouve un super coéquipier sur la route et on se motive parmi. Je vois enfin l’arrivée du parcours, je suis heureuse et je croise les filles qui ont encore performé comme des cheffes.
3ème jour de course
Dernier jour au format un peu particulier : un chrono de Sierre au col de Crans-Montana. Autant vous dire que je n’avais jamais pratiqué ce type de course. On part par classement au fur et à mesure et sur une rampe. Ma grande question de la matinée est : on me tient le vélo ou pas pour le départ ? C’est quasi la chose qui me stress le plus. On roule un peu autour de Sierre avec Gioia pour s’échauffer. Une de mes meilleures copines est là et ça m’encourage énormément. Un coup d’interview pour l’équipe de la Haute Route et c’est l’heure de monter sur la fameuse rampe.
Je suis super motivée et je me dis que c’est 15km où il faut tout donner ! Je pars confiante et je garde un bon rythme tout du long. J’ai beaucoup apprécié cette dernière étape. J’encourage chaque personne que je dépasse.
Arrivée en haut, on me remet une médaille. J’attends les filles au fur et à mesure et là bim bada boum on est TOUTES émues. Je ne sais pas trop vous expliquer ce qui s’est passé mais c’est comme si on avait toutes eu besoin d’exprimer ça en même temps. On se félicite, on pose pour nos milliards de fans. Une pluie de record tombe encore pour l’équipe, elles sont décidemment trop fortes.
Il est l’heure de plier bagage au Colorado Riders. Cet endroit nous a tellement bien accueilli. Nadia et Olivier sont aux petits soins et que dire de leur chalet ? On se sent comme à la maison mais en mieux ! Une papouille à Charlie (notre mascotte) et direction le village pour la remise des prix. La team PSWC rafle les récompenses. Il pleut des podiums et c’est bien mérité.
Après la raclette, il est l’heure de se quitter, de rentrer chacun-e dans nos pénates. Le retour est dur, mêlé de joie et de nostalgie. Je suis consciente de l’énorme chance que j’ai eue. Je rentre mais j’ai mal de nouveau mal aux mandibules, signe que cette aventure aura été bien drôle.
Pédaler a toujours été important pour moi. Une façon de me dépenser, d’extérioriser, d’oublier les quelques soucis de la vie, d’admirer des paysages. Mais le faire en équipe m’aura apporté tellement de motivation et d’émotions. Chaque fois que je retourne sur mon vélo, je repense à cette expérience et je souris parce que c’était magique !
Je suis très reconnaissante d’avoir eu la chance de vivre cette expérience.
Alors encore mille mercis à toutes les personnes qui ont rendu ça possible.
A vous le relais
Plus que tout, Cycliste.ch est une communauté regroupant les cyclistes de Suisse Romande ayant une même passion : la petite reine. C’est pourquoi de temps à autres nous passons le relais à l’un d’entre vous pour qu’il s’exprime sur sa pratique, ses motivations et ses expériences. Ne soyez pas timides quand on viendra sonner à votre porte! Voir tous les articles